Le théâtre comme outil de développement...

Nous sommes une compagnie qui fait à la fois des spectacles en salle et dans la rue.

Toutes nos créations commencent en salle et finissent très souvent dans la rue ou vice versa.

Nos créations

Façons d'aimer

d'Aristide Tarnagda

« Façons d’aimer » est une production théâtrale de la compagnie E’leuk Théâtre de Saint Louis du Sénégal avec l’appui de la commune de Saint-Louis, le centre culturel régional Abdel Kader Fall de Saint-Louis et le centre culturel le Château de Saint-Louis.

En mars 2019, lors de son séjour artistique au Burkina Faso, le directeur de la compagnie E’leukThéâtre a visité le siège des « Récréatrales » et est tombé sur le fabuleux texte d’Aristide Tarnagda « Façons d’aimer ». À son retour, après plusieurs lectures, nous avons décidés ensemble de monter la pièce. Au début, nous avons démarré avec nos propres moyens et en cours de route, nous avons reçus l’appui de la commune de Saint-Louis pour finir la création. Ce texte est adapté et mis en scène par Alioune Sane et Mamadoune Kone. Le spectacle nous parle de trois sujets.

En premier lieu, être gauchère dans notre société. La main gauche a bien mauvaise réputation... Dans nos sociétés gare aux gauchères qui s’assument ! Par exemple, dire bonjour avec cette main relève de l’injure. C’est considéré comme un acte malpropre et indigne et cela peut aller encore beaucoup plus loin. Et impossible de rendre la monnaie ou de donner quoi que ce soit avec la main bannie, sous peine d’être accusé de n’avoir aucune considération pour son interlocuteur... Voire carrément l’insulter.

En deuxième lieu, l’éducation des jeunes filles en Afrique (entre ce que la fille veut devenir et ce que la société veut qu’elle soit). Dans la pièce, les personnages au tribunal, devant la barre crient haut et fort qu’elles en ont marre d’être opprimées par une quelconque tradition. Elles en ont marre de cette vie où tout se fait pour la tradition, avec la tradition et par la tradition. Elles en ont marre d’être considérée comme inférieure à l’homme, de se soumettre à son parent et ses parents, de n’avoir jamais son mot à dire, d’être livrée à la merci de l’homme du toit parental au toit conjugal, d’être vouée au silence en dépit de la gravité de ses peines. Elles en ont marre de tout ça et elles le dénoncent dans une partie de la pièce lorsqu’elles disent : « Monsieur le procureur, si vous voulez on va rompre avec la tradition. Je vais vous dire quelque chose mais sans les conneries d’hier, parce qu’avec hier, on vous chante toujours la même musique, avec la tronche bourrée d’hier, on vous sert son expérience sur tout : là où vous devez allez et ne pas aller, avec qui vous devez coucher, comment vous devez parler, manger... Avec hier on vous règle, on vous formate, c’est pourquoi la mémoire de maman foutait du piment dans les doigts de ma main gauche et me disaient de ne pas l’épouser parce qu’il était polygame ».

Et en troisième lieu, la cinquième épouse...

Cette situation perdure en Afrique et encore plus au Sénégal. Dès qu’un africain part en Europe, il épouse une femme blanche et jamais cette dernière ne sera au courant de la famille de son mari. C’est le plus grand problème de la pièce comme cette partie le dénonce bien : « Tout le reste je m’en fous, comme lui s’en tapait complétement après son retour, alors que je ne lui demandais rien, même pas de me baiser, même pas de m’acheter un pagne, même pas de me regarder, j’ai accepté de devenir sa cousine, sa sœur, parce que la Blanche avait gobé qu’on était toutes ses cousines, ses sœurs, et je leur faisais à manger à lui et à sa blanche, tous les matins, tous les midis, tous les soirs, je faisais leur lit, je lavaisles draps »...

L'abcès

Alors que le pays fait l'objet d'un sanglant changement de régime, X. un inconnu pénètre chez L. une jeune femme par effraction, certainement pour se réfugier de la salve d'armes de tout acabit qui font rage dans la ville et dans le pays... Peut-être pour régler une dernière fois ses comptes avec cette jeune femme...

Les deux protagonistes se retrouveront dans un huis clos qui les dévoilera l'un pour l'autre, les mettant face à leur vraie identité en lien avec le pays et le conflit qu'il traverse...

NOTE DE L’AUTEUR

Moins de 10 décennies successives après le soleil des indépendances, l'Afrique traverse encore et toujours une période sombre de son histoire politique, économique, sociale et culturelle par des conflits de tout genre... Une période que je pourrais appeler aussi; " le soleil des coups d'État" "le soleil des conflits et des querelles intestines" "le soleil des grandes migrations vers des eldorados peu accueillant" "le soleil des terrorismes" etc...

Le défi des contemporains d'Afrique de cette période, que nous sommes, est de trouver une sortie à ces impasses qui ralentissent la marche de nos peuples, jadis asservis, vers une véritable indépendance. Et ce sera dans la résolution de ces conflits qui les retardent, dans leurs bonnes résolutions, que les différentes nations de ce continent, dit D'AVENIR DU MONDE, sauront se tenir sur des bases solides pour affronter les défis de progrès, de justices, d'égalités, de paix qui se présenteront à eux. L'abcès est écrit pour dénoncer, par le biais du théâtre et de la littérature, toutes ces formes de ralentisseurs du progrès, d’émancipation des peuples qui subsistent sur le continent. L'abcès est un face à face singulier entre deux acteurs essentiels de ces soleils de régressions que l'Afrique traverse; une entité représentant les formes de ralentisseurs de l'Afrique et une entité représentant les formes d'initiatives existantes et pouvant exister pour s'opposer aux ralentisseurs...

L'abcès n'est pas une plateforme de solution à ces crises, car la solution est NOUS et elle RÉSIDE EN NOUS, dans notre véritable prise de conscience... L'abcès est un état des lieux, une mise à nue des pratiques anti-démocratiques, antisociales, inhumaines etc... Que nous connaissons dans certains de nos pays...

Mahamadou TINDANO

Volcaniques,

une anthologie du plaisir

sous la direction de Léonora Miano

Douze femmes auteures du monde noir, évoquent le plaisir féminin.

Comment s’écrivent aujourd’hui le corps, la sensualité, la sexualité ?

Volcaniques : une anthologie du plaisir est un ensemble riche. Les nouvelles dévoilent des figures féminines et des environnements variés. Les âges de la femme y sont également divers, ce qui est heureux. Certains textes ébranleront par leur puissance poétique et/ou érotique.

D’autres séduiront par le ton, le phrasé, l’humour ou par une capacité analytique qui a su ne pas prendre l’ascendant sur la narration. Bien des femmes se reconnaitront dans ces pages, d’où qu’elles soient. Quant aux hommes, ils trouveront peut-être la clé du grand mystère que semble être, pour certains, le plaisir féminin.

Une mise en scène de Pape Alioune SANE

avec le soutien de l'Institut Frnçais de Saint-louis du Sénégal